Confiné avec mes fossiles du Paléozoïque.

Jean ROY ANPF 2021

Confinés, il me fallait trouver quelque chose à faire, un sujet pour m’occuper. Alors voici comment les choses ont évolué dans ma tête !

  • A La Dominelais où nous allons souvent, en cherchant des trilobites on trouve aussi des petits fossiles moins spectaculaires, moins renommés que les “vedettes” du lieu.
  • Ces petits fossiles de l’Ordovicien, on en a aussi trouvé à La Noë Blanche près de La Dominelais.
  • Du dernier voyage du club en Belgique, j’ai rapporté des petits fossiles variés qui eux datent du Dévonien.
  • Enfin Jean Marie Pirotte qui connait mon intérêt pour le sujet, m’a donné il y a 2 ans quelques fossiles provenant aussi des Ardennes Belges (sans précision de lieu) et également de 2 sites de Mayenne qui sont du Dévonien (St Germain de Fouilloux et St Jean sur Mayenne).

Voila ce qui m’interesse. Le sujet trouvé – ces petits fossiles du Paléozoïque – il fallait le mettre en forme, fixer un cadre, marquer des limites. J’ai décidé de me limiter au Paléozoïque inférieur (Cambrien, Ordovicien) et Paléozoïque moyen (Silurien, Dévonien), jusqu’à l’arrivée du Carbonifère.

  • Les seuls fossiles des fonds marins m’intéressent, pas les plantes dont j’ai déjà parlé.
  • Je serai discret sur les Trilobites, en ayant déjà “traité”.
  • J’ai exclu les poissons. Je ne connais rien à leur sujet et je n’en ai pas de fossiles.

Ce qui m’intéresse, ce sont ces petits fossiles que j’ai trouvé, sans trop savoir ce que c’était : des coraux, des crinoïdes et cystoïdes, des graptolites; des mollusques qu’ils soient gastropodes, bivalves, céphalopodes et des brachiopodes…Et puis il y a ceux que je n’ai pas encore trouvé ! Dans mes lectures et sur internet j’ai rencontré des formes primitives étranges, un peu effrayantes, vites disparues qui sont des raretés qu’on ne trouvera jamais.

Alors quel titre donner à cet article ? je n’ai rien trouvé de mieux que ce mauvais “Confiné avec mes fossiles du Paléozoïque”. Il a l’avantage de bien montrer qu’il ne s’agit que d’un article de vulgarisation fait par un amateur sans aucune compétence scientifique en la matière.

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LE DÉCOR des fonds marins.

LES CORAUX.

Ils vivent dans des eaux chaudes peu profondes. Ce sont bien des êtres vivants (polypes) qui sont logés dans des structures calcifiées (polypiers). l’ensemble forme un bloc minéral.

Certains forment des colonies, les coraux coloniaux; d’autres sont solitaires.

Corail colonial Hexagonia hexagona.

Corail solitaire, probable Ketophyllum sp.

Ces 2 coraux proviennent de la partie supérieure de la carrière de La Thure en Belgique, datée de l’Eifelien (-373 mA) qui est un étage du Dévonien.

Celui ci est un corail solitaire qui provient des Ardennes. Il est sur un bloc qui porte aussi des spirifers. Il m’a été donné par Jean Marie Pirotte.

Les coraux sont apparus à l’Ordovicien et prolifèrent surtout depuis le Dévonien. Les scientifiques les appellent des CNIDAIRES (taper Cnidaires fossiles sur internet …).

Il existe de nombreuses autres espèces de coraux. Dans ma collection, j’ai un petit corail très particulier, je le dois à Andrè Letort. J’en ignore la provenance, peut être aussi des Ardennes.

Calceola sandalina

Ce fossile est incomplet car ce petit cône de 3 cm de hauteur est fermé par un opercule.

C’est un corail du Paléozoïque.

LES GRAPTOLITES.

A coté des coraux, ces curieux fossiles qui leur sont apparentés.

Ils sont faits d’un axe central (stolon) sur lequel sont branchées de petites loges latérales (théques) où vivent les individus. C’est la structure d’un corail. Mais eux flottent librement ou se fixent sur des algues.

Cela donne ces petites “lames de scie” en impression sur la roche. Les Graptolites existaient dès le Cambrien mais n’ont pas survécu au delà du Silurien. Cette plaque provient du Maroc.

LES ÉPONGES.

Je n’ai pas d’éponges du Paléozoïque. Celles de ma collection sont plus tardives.

LES ECHINODERMES.

On parle ici des CRINOÏDES, des CYSTOÏDES et BLASTOÏDES, et des OURSINS.

CRINOÏDES. Dans le club on connait ces encrines du Jurassique que l’on trouve à Ste Radégonde des Pommiers. Mais ils existent dés l’Ordovicien et vivent encore aujourd’hui.

Une “tige” faite d’entroques empilées. Un calice d’où partent des “branches” comme s’il s’agissait d’une plante alors que c’est un animal.

Ils sont fixés au sol, mais plus tard dans l’évolution certains vont se libérer et flotter librement. Ils deviennent alors des Comatules.

J’ai rapporté ce petit fossile de la carrière de Lompret en Belgique. Nous étions dans une couche du Frasnien, un étage du Dévonien (-385 mA / -375 mA).

Il s’agit bien d’une tige d’encrine, ce que m’a confirmé Luc Van Bellingen.

CYSTOÏDES et BLASTOÏDES.

Ce sont de proches cousins des Crinoïdes, nés aussi à l’Ordovicien, mais eux ne survivront pas au delà du Carbonifère.

Cela devient plus compliqué ! Ce sont des Echinodermes

  • de différentes classes : Blastoïdes, Stylophores …
  • de différents ordres : Cystoïdes, Mitrata, Cormuta..

Je suis bien incapable de les différencier ! les espèces sont très nombreuses, les listes sont impressionnantes. Ils sont fixés au sol. Leur forme (thèque) peut être sphérique, plus ou moins allongée, alors que d’autres sont coniques. Surtout leur surface est granuleuse, faite d’une multitude de petits points. En y regardant de plus près cette surface est faite d’un ensemble de plaques à 5 ou 6 côtés soudées entre elles.

A La Dominelais et surtout à La Noë Blanche on a trouvé de beaux spécimens. (Ordovicien et plus précisément Dariwillien – 460 mA).

Cystoïde Calix sedgwicki ? La Dominelais.
Calix rouaulti ? trouvé par Marie Renée Brillault à La Dominelais.
Cystoïdes La Noë Blanche.

Calix sp.?? La Noë Blanche

LES OURSINS.

Puisque nous sommes avec les Echinodermes, y avait il des oursins au Paléozoïque ? OUI, mais pas plus de124 espèces connues. Les premiers dès l’Ordovicien.

Ce Bothriocidaris pris sur internet pour illustrer est un de ces premiers oursins du Paléozoïque. C’est un oursin régulier.

Ce n’est qu’à partir du Trias que certains oursins deviennent irréguliers.

LES CONULAIRES.

Pour en finir avec ce décor des fonds marins, des organismes fixés au sol, il faut ajouter les conulaires. Je ne les connais que par internet et je n’en ai pas de fossiles.

Colunaria Pyramidata

Ces animaux énigmatiques sont connus dès la fin du Pré Cambrien. Fixés au sol par un opercule, ils sont rattachés aux coraux fossiles. Ils sont eux aussi de la famille des Cnidaires.

Colunaria pyramidata

Le fossile se réduit à un cône, plus ou moins pyramidal, ponctué, parfois strié, surement difficile à identifier.

Il en aurait été trouvé un à La Noë Blanche mais je n’en suis pas sûr.

Ce que j’en ai lu m’a beaucoup étonné ! Au fil de l’évolution ces conulaires auraient été les précurseurs des anémones de mer ce qui n’est pas surprenant, mais aussi des méduses ce qui est plus inattendu !!

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TRILOBITES ET BILOBITES

Un simple rappel car j’en ai déjà longuement parlé dans un article précédent. Les Trilobites sont des arthropodes marins apparus au Cambrien, parvenus à leur maximum à l’Ordovicien. Ils déclinent ensuite au Dévonien avant de disparaitre. Mais dans l’évolution ils ont pour lointains cousins les insectes, scorpions, araignées et crustacés qui sont du même embranchement.

Pour illustrer, j’ai choisi parmi d’autres 4 des trilobites “phares” de La Dominelais.

Neseuretus tristani
Phacopidina micheli
Oectillaenus gigantus
Nobiliasaphus nobili

Ces 4 trilobites de l’Ordovicien de La Dominelais appartiennent aux collections de Jean Michel Joyau, André Letort, Olivier Mariot et Jean Luc Talneau.

Des Trilobites on en trouve aussi en Bretagne, Normandie, Pyrénées, Montagne noire, et aussi dans les Ardennes.

Trilobites enroulés des Ardennes

Ces petits trilobites enroulés que m’a donné Jean Marie Pirotte proviennent des Ardennes. J’en ignore l’espèce.

Enfin cette curiosité que je n’avait pas lors du précédent article. Il s’agirait de coprolithes de trilobites.

Ce fossile appartient à Jean Luc Talneau.

Tomatulum problematicum

LES BILOBITES.

Ce ne sont pas à proprement parlé des fossiles, mais des traces laissées par la reptation des trilobites. Mais curieusement là où l’on voit ces traces, on ne trouve pas de trilobites !!

Bilobites

A la carrière de St Aubin des Châteaux, ces traces sont parfois spectaculaires, mais effectivement on n’y trouve pas de trilobites.

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LA COQUILLE.

La coquille apparait au Paléozoïque et elle va nous laisser des fossiles. Il faut surtout bien clarifier les choses et ne pas rester dans la confusion entre Mollusques bivalves et Brachiopodes.

  • Les Mollusques sont classés en – Gastéropodes (plutôt Gastropodes pour les Anglais) – Mollusques bivalves – Rostroconches – Céphalopodes.
  • Les Brachiopodes sont aussi des bivalves, mais sont totalement différents des Mollusques.

Il faudrait préciser Mollusques lamellibranches, car il respirent avec des branchies disposées en lamelles. C’est différent pour les Brachiopodes qui respirent et se nourrissent grâce à un organe particulier que n’ont pas lesMollusques : le lophophore ( celui des Spirifers est enroulé en spirale ce qui leur a donné leur nom).

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MOLLUSQUES GASTÉROPODES.

Au Paléozoïque ils ne sont pas très abondants. Heureusement pour moi car essayer de comprendre et de résumer en quelque chose d’accessible tout ce qui est écrit est un vrai casse tête.

LES BELLEROPHONS.

On en trouve souvent à La Dominelais, de toutes tailles, mais en y regardant de plus prés les formes d’enroulement sont très variées. J’ai compris que tous font partie du même ordre, et que dans cet ordre il y a 2 familles.

  • La famille des Alaskadiscus
  • La famille des Sinuites

Avec bien sûr dans chaque famille des genres et des espèces multiples. Comme je suis incapable de les différencier je continuerai à les appeler simplement des Bellerophons !

LES AUTRES GASTÉROPODES.

Ils ne sont sans doute pas impossibles à trouver, mais je n’en ai aucun dans mes fossiles. J’ai essayé avec internet d’en faire un inventaire surement imparfait.

CERTAINES FORMES ENROULÉES SE DÉROULENT.

Comme ce fossile de Christophe Guillou.

Tropidodiscus pusillus.

LES PLEUROTOMAIRES. (Eotomariidae) sont des formes enroulées en hélice, en spires hautes.

Ptychonema bussacensis (Christophe Guillou)

Moule interne d’un gastèropode comme celui à droite.

Liospira augustata

ARCHINACELLA OVATA. Gastèropode très rare dit Christophe Guillou.

Archinacella ovata (Christophe Guillou)

On dirait une sorte de “bernique”, une sorte de patelle asymétrique.

Pour être tout à fait complet, dans la revue Fossile qui traite de ce sujet, l’article intitulé “Bref aperçu sur la faune de l’Ordovicien Moyen du Massif Armoricain “, cite sans aucune autre explication un autre ordre, au même niveau que les Bellerophons : Murchisoniina. J’ai cherché des heures sans trouver le moindre indice. Ce nom est totalement inconnu partout

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MOLLUSQUES BIVALVES LAMELLIBRANCHES.

Identifier avec précision ces fossiles de bivalves est très compliqué. Pour comprendre comment procédent les spécialistes, il faut comprendre le fonctionnement de ces bivalves.

Les 2 valves s’ouvrent se ferment autour d’une charnière. Elle est faite d’un ligament et de dents qui s’emboitent les unes dans les autres.

1 ou 2 muscles actionnent ce mécanisme.

Ces fossiles sont des moules internes. Les spécialistes ont besoin de précisions pour les déterminer :

  • Aspect de la charnière
  • Nombre et disposition des dents
  • Emplacement des empreintes laissées par les muscles
Charnière de bivalve.
Bivalves

La determination précise des genres et espèces (aux noms très compliqués!) de ces petits fossiles est donc réservée aux spécialistes.

On peut parfois se risquer avec certains bivalves particuliers trouvés à La Dominelais. Ces coquilles échancrées, à crochets seraient du genre Redonia connu sur le site.

Probable Redonia deshayesi

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LES ROSTROCONCHES.

J’en ignorais l’existence. Ils sont une classe de mollusques qui ont disparu. J’ai lu à leur sujet des choses étonnantes, ce sont bien des bivalves, mais à l’état larvaire ils n’avaient qu’une seule valve ??

Curieux l’animal ! Un gros orifice antérieur d’où sort le pied, et à l’opposé un rostre par où sort un tube siphon. Leur taille est toujours inférieure à 2 cm.

Sur internet j’ai trouvé des images de ces Rostroconches. Par exemple Ribeiria apusoïdes. Dans ma boite de fossiles de La Dominelais j’ai trouvé ce petit fossile qui y ressemble étrangement. Il pourrait s’agir de Ribeiria pholadiformis qui est connu sur le site.

Ribeira apusoïdes
Ribeira pholadiformis ? de La Dominelais

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LES CÉPHALOPODES.

Ce sont également des mollusques avec au Paléozoïque 2 “vedettes”, les Orthocères et les Goniatites.

ORTHOCÈRES.

Les tentacules et la tête avec ses yeux sortent d’une longue coquille conique droite.

A chaque étape de la croissance, l’orthocère quitte la loge qu’il occupait et s’installe dans sa nouvelle loge d’habitation plus en avant. Mais un siphon relie toujours l’animal à sa toute première loge. Il peut ainsi vider ou remplir de gaz et d’eau les loges abandonnées pour monter ou descendre dans l’eau. Pour les spécialistes ce siphon des Orthocères est central.

Les fossiles représentent l’empilement des loges. Ils sont souvent fragmentés et discrets alors que les Orthocères étaient abondants et mesuraient parfois plus d’1 mètre. Il en aurait été trouvé à La Noë Blanche. Je n’en connais pas à La Dominelais. Heureusement car leur menu favori était les Trilobites !

C’est en Belgique dans le Frasnien de la carrière de Lompret que j’ai trouvé ces petites aiguilles segmentées et pyritisées. Ce sont des Orthocères authentifiées par Luc Van Bellingen notre guide Belge.

Les Orthocères sont présents au Silurien, abondants à l’Ordovicien. Ils disparaissent au Permien / Trias comme presque toute la faune et la flore qui se renouvellent totalement.

Les Orthocères ont des descendants dans l’évolution. Mais je n’ai pas compris comment on passe des Orthocères à coquille externe, aux Seiches et Calamars, qui eux ont un squelette interne.

Les Nautiles en descendent également. La coquille droite s’est incurvée progressivement ? Jusqu’à l’ enroulement complet de cet extraordinaire fossile – Trocholites fugax – trouvé dans l’Ordovicien du sud de Rennes ?

Incurvation progressive ??
Trocholites fugax (Christophe Guillou)

GONIATITES.

J’en ignorais tout jusqu’à notre voyage en Belgique.

L’animal est comme l’Orthocère dans sa chambre d’habitation qui est la dernière loge. Il possède le même système de siphon qui traverse toutes les loges abandonnées pour monter ou descendre en flottant dans l’eau. Ce siphon est ventral chez les Goniatites.

Dans le Frasnien de cette carrière de Lompret en Belgique, j’ai trouvé ces superbes Goniatites pyritisées.

Pour en trouver de plus grosses il faut aller au Maroc.

Goniatites pyritisées.

L’évolution pendant le Paléozoïque est très interessante.

  • D’abord les Clymènies au Dévonien.
  • Puis les Goniatites au Dévonien et surtout au Carbonifère.
  • Ensuite les Cératites pour finir le Paléozoïque et débuter le Mésozoïque.

Les Ammonites n’apparaissent qu’ensuite.

L’aspect des sutures se modifie au cours de cette évolution (également l’emplacement du siphon, central dorsal ou ventral).

  • Sutures simples chez les Clymènies.
  • Sutures en zig zag chez les Goniatites.
  • Sutures plus lobées, dentelées chez les Cèratites.
  • Complexité maximum pour les Ammonites, les sutures devenant visibles quand la coquille a disparu.
Clymènie
Goniatite
Cératite

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LES BRACHIOPODES.

Encore une fois ne pas se tromper, ils n’ont rien à voir avec les Mollusques lamellibranches.

Brachiopode

Les 2 valves sont inégales : une grosse valve dite pédiculaire, surmonte une petite valve brachiale.

Ils vivent au fond (benthiques) fixés au sol par un pédoncule qui sort par un orifice de la valve pédonculaire : le foramen bien visible sur les fossiles.

Ouverture et fermeture par des muscles et une charnière. Cela sert à la determination précise. Charnière à dents = Brachiopode articulé, Charnière sans dents = Brachiopode inarticulé.

Articulés ou non, les espèces sont innombrables. Les Brachiopodes articulés sont les plus nombreux. Le tableau que Jean Luc nous a déjà fait voir retient 6 ordres principaux, cela suffira largement !

Des 3 premiers Brachiopodes de ce tableau, je ne connaissais pratiquement rien. Ils apparaissent au Paléozoïque inférieur (Cambrien, Ordovicien) mais ne dépasseront pas cette ère :

  • Orthidès. J’en connaissais l’existence depuis une sortie du club à La Noë Blanche. J’en ai trouvé aussi pendant notre voyage en Belgique.
  • Strophomènidès et Pentamèridès, j’ai fait là une découverte !

Les noms des 3 derniers nous sont plus familiers. Schématiquement ils apparaissent plus tard au Paléozoïque moyen (Silurien, Dévonien), et survivent pendant l’ère suivante, au Mésozoïque :

  • Rhynchonelles et Térébratules dont les espèces plus tardives du Mésozoïque nous sont assez familières.
  • Spirifers qui disparaissent un peu plus tôt, et dont on a aussi notion avec leurs formes souvent caricaturales.

ORTHIDÈS, STROPHOMENIDÈS, PENTAMÈRIDÈS.

Je le regrette, mais n’étant pas un spécialiste, ce chapitre va rester confus mis à part quelques généralités. Ces 3 Brachiopodes apparaissent dès l’Ordovicien, ensuite d’après le tableau :

  • Les Orthidès s’appauvrissent pour disparaitre fin du Paléozoïque;
  • Les Strophomènidès, prospèrent pour disparaitre subitement au Trias.
  • Les Pentamèridés, plus confidentiels, disparaissent avant même le Carbonifère.

J’en ai cherché des images sur internet.

Orthida
Strophomènida
Pentamèrida

Voila ceux que j’ai trouvé dans mes fossiles.

Orthidès

Orthidès de St Germain de Fouilloux (53), Praguien qui est un étage du Dévonien.

Ces fossiles m’ont été donnés par Jean Marie Pirotte.

Ceux ci sont gros comme des lentilles. Luc van Bellingen les a identifiés comme des Orthidès.

Ils viennent de la carrière de Lompret en Belgique : Frasnien, qui est un étage du Dévonien.

Orthidès

A la Noë Blanche (Ordovicien et plus précisément Dariwillien – 460 mA) on a trouvé d’assez nombreux Brachiopodes, mais très déformés et je serais bien incapable de les déterminer avec précision. La revue “Fossiles” dit que les Orthidès sont fréquents sur ce site.

Brachiopode Noë Blanche

Mais pour celui ci photographié par Jean Luc Talneau, s’agit il d’un Orthidès ou d’un Strophomènidès ? En sachant que les seconds sont plus abondants que les premiers.

On ne peux pas se limiter au simple aspect. Mais je ne connais pas les autres critères de détermination.

Fossile donné par Jean Marie Pirotte. Il provient de St Jean sur Mayenne (53), site de l’Emsien, étage du Dévonien (- 390 mA).

C’est un Pentamèridès déterminé comme : Athyris undata. cela ressemble à une grosse Tèrèbratule avec un crochet très saillant.

Pentamèridès

RHYNCHONELLES , TÉRÉBRATULES.

Les Rhynchonelles et Térébratules du Mésozoïque nous sont assez familières et communes, mais elles existent dès le Paléozoïque moyen (Silurien, Dévonien). J’en ai 2 exemples donnés par Jean Marie Pirotte. Les 2 proviennent de St Germain de Fouilloux (53) – Praguien (400 mA).

Rhynchonelle

Rhynchonelle typique avec sa coquille à crêtes, très ondulée, en zig zag.

A partir du Silurien (443 mA)

Térébratule typique à coquille lisse ovalaire.

A partir du Dévonien (416 mA)

Térébratule

SPIRIFERS.

Apparus également au Silurien, ils disparaissent pendant le Trias. Leur forme plutôt caricaturale les rends habituellement facilement reconnaissables. Mais les espèces sont innombrables, très variées.

Spirifers de Barvaux en Belgique (Frasnien). Personnels et JM Pirotte.
Divers Spirifers des Ardennes belges. (JM. Pirotte)
Spirifer.

C’est aussi un Spirifer m’affirme Luc Van Belligen. Je l’ai trouvé à la carrière de Lompret en Belgique. Même étage du Frasnien.

J’ai vu sur internet qu’il y a également des Spirifers dans le Dévonien de la Mayenne (53).

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” LE BESTIAIRE !”

Pour finir, un bestiaire d’animaux marins très étranges, qui n’ont laissé que de rares fossiles difficiles à trouver et à identifier !

Des Vers.

Plumulites langonensis

De la famille Machaeridienne.

J’ai de la peine à comprendre comment un animal sans coquille ni squelette peut laisser un fossile. Ce sont des sortes d’écailles sur leur corps qui auraient laissé des empreintes triangulaires. On parle de Plumulites langonensis.

Hyolithes.

Hyolithes

Voila un animal très énigmatique. D’une coquille conique sortent 2 appendices latéraux. Un opercule peut venir fermer ce cornet.

Euryptèrus.

Euryptèrus

Appelé aussi scorpion de mer. C’était lui aussi un mangeur de Trilobites.

Hyolithes et Euryptèrus laissent tous les 2 comme fossile un cône. Un moule interne par le premier et un fragment de queue en forme de cône pour le deuxième. On a déjà vu que les Conulaires laissent aussi comme fossile un cône ! Il faut donc rester très perplexe quand on trouve un fossile cônique ! C’est sans doute pour cela que l’on parle de Conularidès !!

Cône fossile de Conularia.
Cônes fossiles de Hyolithes.

Stylophora.

Stylophora thoralicystis

Stylophora est cet étrange animal. Un corps protégé par un squelette fait de plaques dures d’où sort un bras pour capturer la nourriture.

Il est apparenté aux echinodermes.

Il y a d’autres organismes vivant dans cette période du Paléozoïque. Je ne les ai pas recensés étant donné leur rareté et la complexité entrainée.

Alors pour finir j’ai préféré la belle histoire – mais est- elle vraie ! – de la naissance des Brachiopodes.

Halkieria evangelista

Au Groenland dans un étage du Cambrien inférieur a été trouvé cet étrange fossile : Halkieria evangelista.

Il a été interprété comme une sorte de ver ayant à chacune de ses extrémités une formation ressemblant à une sorte de coquille. En se repliant sur lui même, en joignant ses deux extèmitès, le “ver” s’est enfermé dans ses 2 coquilles. Le Brachiopode était né !

Halkieria evangelista.

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Il m’a fallu beaucoup de temps pour réaliser ce projet. J’ai été bien occupé ! Surtout je suis content d’avoir fait quelque chose à partir de mes fossiles qui ne sont pas forcement très beaux et qui n’ont rien d’exceptionnel.

Il a sûrement des imperfections, sans doute des erreurs. Il y aura donc des critiques sûrement constructives. Mes photos ne sont pas de très bonne qualité, je ne suis pas un bon photographe.

J’ai donc beaucoup lu dans la revue “Fossiles”, consulté internet pour tous les chapitres. Je n’ai parfois rien compris tellement cela était confus. Le site de Christophe Guillou qui traite des Trilobites mais aussi de la faune de l’Ordovicien m’a beaucoup aidé. Egalement le site Fossil raptor que je vous recommande. Son auteur nous avait accueilli en Belgique l’an dernier pendant le voyage du club. C’est Luc Van Bellingen que j’ai directement sollicité pour m’éclairer sur certains de mes fossiles. Il est d’une disponibilité, d’une compétence et d’une gentillesse que je veux souligner.

Pour conclure, ce que je répète souvent. Tous ces fossiles j’arrive à les situer dans l’histoire de l’évolution. C’est ce qui m’intéresse. Mais n’étant pas un spécialiste je ne sais pas les déterminer avec précision. C’est souvent déjà bien de reconnaitre la famille, et parfois très bien de pouvoir determiner le genre. Quant à affirmer l’espèce, il vaut mieux écouter les professionnels !

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